Dans la nuit de dimanche à lundi 19 avril, 12 grands clubs européens ont annoncé l’officialisation de la Super League. Initié par Florentino Perez, président du Real Madrid et Andrea Agnelli, président de la Juventus, le projet de Super League n’a réellement tenu que 48 heures. 

Le projet de Super League :

La Super League avait pour projet de remplacer la Ligue des Champions actuellement gérée par l’UEFA pour permettre aux clubs fondateurs de s’occuper eux même la compétition. 12 équipes européennes se sont lancées dans ce projet : 3 clubs espagnols (Barça, Réal, Atlético), 6 clubs anglais (Arsenal, Chelsea, Liverpool, Manchester City, Manchester United, Tottenham) et 3 clubs italiens (AC Milan, Inter Milan, Juventus). Aucun club allemand, ni français n’a pris part à cette compétition. Le Bayern Munich et le Paris SG sont restés en retrait, ce qui a valu à leurs présidents de prendre la tête de l’ECA, Association Européenne des Clubs. Nasser Al-Khelaïfi succède à Andrea Agnelli à la tête et partage la direction du syndicat des clubs avec Karl-Heinz Rummenigge. 

L’une des principales raisons de la création de la Super League est les avantages financiers dont il en découle pour les clubs membres. Dans un communiqué annonçant la création de la Super League, les initiateurs annoncent que « en contrepartie de leur engagement, les clubs fondateurs recevront un versement en une fois de l’ordre de 3,5 milliards d’euro destinés uniquement à des investissements en infrastructures et compenser l’impact de la crise du COVID-19 ». Une somme colossale compliquée à refuser. Cependant, le financement de ce projet reste flou. La banque américaine JP Morgan aurait annoncé son implication dans le projet via son porte-parole à Londres. Une source proche du projet aurait annoncé qu’un pays était également impliqué dans ce projet. Il s’agit de l’Arabie Saoudite avec le PIF, Fonds Public d’Investissement du Royaume, très impliqué dans le sport mondial. 

De nombreuses oppositions :

Le format de la Super League n’a pas été accueilli comme les clubs fondateurs le souhaitaient. En effet, de nombreuses instances du football, gouvernements et supporters se sont opposés au projet de la nouvelle compétition européenne. La FIFA, UEFA et l’ECA ont annoncé être contre une compétition fermée hors des instances footballistiques, en prônant l’équilibre et l’équité de ce sport. Les instances sanctionneront toutes les parties qui intégreront ce projet. Ils menacent d’exclure les clubs des compétitions européennes (Champions League, Europa League), des compétitions nationales (Championnat national, coupes, …) et de sanctionner également les joueurs en les empêchant de jouer pour leur sélection nationale. 

Certains clubs, certains dirigeants, certains entraîneurs s’y sont également opposés fermement à l’image du PSG ou du Bayern. Jean-Michel Aulas avec l’OL ou Frank McCourt à l’OM ont dit non à la Super League. Les joueurs et les supporters de Liverpool ont refusé la Super League alors que le club était l’un des clubs fondateurs. 

De nombreux gouvernements ont annoncé s’y opposer comme le Premier ministre italien, Mario Draghi ou britanniques, Boris Johnson ou encore le président français, Emmanuel Macron. 

À la suite de ces annonces, les 6 clubs anglais, menacés par la ligue et la fédération ont fait machine arrière en s’excusant d’avoir fait une erreur. 

Florentino Perez et Andrea Agnelli ont dû renoncer au projet dû au retrait des clubs anglais. Perdre le soutien de six des principaux fondateurs de la Super League, l’a tué. Les deux dirigeant se sont retrouvé piégés et devront assumer les sanctions qui leur seront imposées par les instances du football mondial. 

Louis MARIN